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🤔 Connaissez-vous le point commun entre le Pont-Neuf, le Reichstag, le lac d’Iseo ou encore les collines des comtés de Sonoma et de Marin ? C’est eux :

Christo, l’art de la démesure 

Journées européennes du patrimoine

Christo Vladimiroff Javacheff, dit Christo, est né en 1935 en Bulgarie. Il reçoit une formation classique aux Beaux-Arts de Sofia et développe rapidement un goût pour un art moins conventionnel. En désaccord avec le régime communiste de son pays, il quitte la Bulgarie pour Prague, Vienne puis Genève, pour enfin atterrir à Paris en mars 1958. Ces années parisiennes marquent un tournant dans sa carrière puisqu’il développe son propre langage artistique. Le travail en relief des surfaces, l’empilement, l’empaquetage et les premières vitrines occultées marqueront ses partis pris artistiques. À la même époque, il collabore avec Jeanne-Claude sur des projets en extérieur qui se démarquent par leur démesure : la démarche créative du duo est lancée

En 1964, le couple marié s’installe à New York et obtient la nationalité américaine. Il leur est désormais possible de se consacrer exclusivement à leur projet artistique. Leur ambition ? Empaqueter des monuments, lieux ou encore parcs in situ afin de réaliser des œuvres titanesques.

L’histoire de l’Arc de triomphe

Du samedi 18 septembre au dimanche 3 octobre, vous pourrez découvrir l’Arc de triomphe sous une immense couche de 25 000 m² de tissu recyclé. Dernière volonté de l’artiste décédé en mai 2020, ce projet post-mortem pharaonique aura nécessité la présence de plus de 140 ouvriers dont 95 cordistes, sans compter les 1 000 personnes présentes du début à la fin de cette épopée. 

« Personne ne peut acheter ces œuvres, personne ne peut les posséder, personne ne peut les commercialiser… Notre travail parle de liberté. »

Même si les œuvres de Christo sont éphémères et symboles de liberté, elles ont tout de même un coût qui fait souvent polémique. L’arc de Triomphe et ses 14 millions d’euros ont fait couler beaucoup d’encre, notamment sur les réseaux sociaux où beaucoup d’internautes ont témoigné de leur indignation, pensant que l’œuvre avait été financée avec des fonds publics. Pourtant, le financement de ce projet est uniquement privé. En effet, la fondation créée par le duo se charge de payer l’intégralité du projet. Afin de le financer, la mise aux enchères de 25 esquisses et collages exécutés par Christo et Jeanne-Claude va être organisée par la maison de vente américaine Sotheby’s. Les bénéfices dégagés permettront ainsi de financer à la fois le projet et la fondation Christo. De cette façon, aucun financement public n’est requis, comme cela a toujours été le cas pour tous les projets de Christo.

Les émotions et l’art : l‘interrogation philo

Comme vous avez pu le constater sur les réseaux sociaux ou dans la presse, l’« emballage » de l’arc de Triomphe n’a laissé personne indifférent ! Entre commentaires désabusés, négatifs ou au contraire admiratifs voire fascinés, il y en a eu pour tous les goûts. Chez bibi, on s’est également questionnées : pourquoi ? Pourquoi ce projet suscite-t-il autant d’émotions, de réactions ? N’est-ce donc pas le propre de l’art ? 

Pensez-vous être capable de rester neutre devant une œuvre d’art ? Ne pas penser, ne rien ressentir, que ce soit des émotions positives ou négatives ? Lorsque l’on se retrouve face à une œuvre d’art, un amas d’émotions et de questionnements nous traversent. On peut s’émerveiller, être dégouté, se rappeler d’un souvenir… En soi, on se nourrit de l’œuvre, même involontairement. Mais alors, pourquoi une œuvre peut-elle avoir autant d’impact sur l’être humain ? Van Gogh le justifierait par l’influence des émotions. « N’oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu’à celles-là nous y obéissons sans le savoir » expliquait-il à son frère dans une lettre. En d’autres termes, l’artiste se nourrit d’émotions, brutes, immédiates dans son processus créatif. On ressent ainsi ces émotions, que l’on interprète à notre guise, lorsque l’on se retrouve face à une œuvre d’art. 

Mais alors, quel rapport avec l’Arc de triomphe de Christo nous direz-vous ? Eh bien il nous rappelle l’essence même de l’art. En effet, personne ne reste insensible face à ce projet monumental. Ce sont les émotions que l’on ressent à la vue de ces pans de tissus flottant qui font de ce projet une œuvre d’art. Ainsi, les critiques émises vis-à-vis de l’Arc de triomphe, donnent une valeur à ce projet et l’intègrent indubitablement au monde de l’art. C’est une forme de réinterprétation de la pensée sartrienne. Autrui me fait exister, en me rappelant la nature de mon corps. Ici, on fait exister l’œuvre en la critiquant, ce qui lui donne de la valeur et la fait exister en tant qu’œuvre d’art.

Et après ?

Qu’on soit emballé ou outré par ce projet et sa démarche, force est de constater l’ambition et la puissance de la volonté de Christo, qui, même après sa mort, a réussi à faire emballer l’un des monuments les plus emblématiques de la capitale ! Il n’a d’ailleurs pas fini de faire parler de lui car d’autres empaquetages posthumes sont prévus comme celui d’un mastaba (tombeau égyptien privé abritant une chapelle réservée au culte du mort) à Abu Dhabi !

💬 Chez bibi, ce projet posthume de Christo nous donne à penser et repenser l’art et ses fonctions. Et vous, qu’en pensez vous ? On attend vos commentaires !

🗓 Du 18 septembre au 3 octobre 2021.

💸 Tarifs : gratuit. 

📍 Où ? Arc de triomphe. Place Charles de Gaulle, 75008 Paris

🕺🏼 ✌🏻 Pas besoin de pass sanitaire !

👉 Infos pratiques : durant le temps d’exposition, les espaces intérieurs et la terrasse panoramique restent ouverts au public. La Flamme de la nation devant la tombe du Soldat inconnu continue de brûler et les cérémonies quotidiennes de son ravivage sont elles aussi maintenues. Jusqu’au démontage de l’œuvre le 3 octobre, la place de l’Étoile sera exclusivement réservée aux piétons les week-ends.

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